Une capacité sans égal de mémorisation, une faculté inégalable de calcul et une quasi-instantanéité de réponse sont les apanages essentiels des « intelligences artificielles » qui s’invitent dans notre quotidien et alimentent tant de fantasmes.
Tous ces systèmes ont vocation à mettre en œuvre des mécanismes proches de celui d’un raisonnement humain.
Tout est dans le « proche ».
L’IA est à l’intelligence humaine ce que les œufs de lump ou de hareng sont au caviar… Un ersatz, une pâle et pauvre imitation. Elle ne trompe que les (trop nombreux ?) esprits faibles ou trop pressés.
L’intelligence artificielle possède des capacités surhumaines dans le domaine de la mémorisation mais est aujourd’hui loin de rivaliser avec l’être humain pour ce qui est de ses capacités cognitives. Et même si les limites de la machine sont difficiles à prévoir, fera-t-elle un jour une lecture « éclairée » qui distingue Hitler de Chaplin (cf. notre illustration). Elle en est aujourd’hui totalement incapable.
Malgré ses progrès fulgurants entre autres liés à ceux du « deap learning » et des systèmes de dialogue, elle ne comprend toujours pas comment fonctionne le monde et ne dispose d’aucun sens commun… Qualités plutôt banales de l’être humain.
Un enfant de cinq ans s’étonne de voir un visage sans bouche ou une maison sans fenêtre, ce que ne fait pas l’IA. Le même enfant, par simple observation, détecte l’inattendu, repère un danger, corrige une erreur, ou encore s’intéresse à un détail exceptionnel, ce que ne fait pas l’IA. Par essence, elle ne peut s’étonner de rien.
Interrogée par l’humain, l’IA peut lui faire dans la même réponse des propositions contradictoires. Ainsi, ChatGPT qui génère des phrases n’ayant aucun sens pour lui peur reprendre sur la toile tout et son contraire pour vous proposer un texte rassemblant une affirmation et son contraire.
Alors l’IA fera bien sûr des progrès, encore et toujours. Elle pourra même paraître intelligente aux yeux de certains, selon la conception qu’ils ont de l’intelligence. Elle simulera, a minima, une intelligence humaine.
Mais si l’intelligence est l’addition complexes de facultés dont l’homme ne sait toujours pas comprendre le fonctionnement, comment se substituer à ma capacité d’évaluation, de décision, d’action ? Mon histoire, mes émotions, mes envies, mes intentions, ma créativité, nourrissent et modulent mon intelligence. Et ni mon frère, ni mon meilleur ami, ni personne ne dispose du même agrégat et donc de la même intelligence.
En revanche, l’IA nous permettra sans aucun doute de nous protéger de l’erreur humaine – elle le fait déjà – en matière d’organisation, de logistique, de mobilité, de diagnostic, etc… Et je l’en remercie.
